Loin d’ici, l’autre jour, avait lieu un mariage. Deux êtres, dont la probabilité de se rencontrer était, au départ, de l’ordre du gain à la loterie : infinitésimale. Ils s’étaient aperçus, rapprochés, avaient vaincu les différences de leurs origines, de leurs cultures et s’engageaient enfin dans une histoire qui les dépassera. Il y eut des poèmes et des danses, des jeux, de la bonne chère. L’assemblée, venue de plusieurs pays - et même continents lointains, se mêlait prudemment, entre une langue et l’autre, autant que dans les gestes, les rires et les larmes émues, sorte d’Esperanto toujours disponible. L’assistance cosmopolite était en joie.
Pendant un jour, les jeunes époux rayonnants ont permis de se rassembler et de se retrouver, soi parmi d’autres, avec le sentiment que quelque chose existe bien, au-delà des douleurs et des déchirures, qui, sans les nier, les tempère un peu.
Ne pourrait-il en être de même entre psychanalystes ou entre sociétés psychanalytiques ? Quelles sont d’ailleurs les raisons d’être d’une société de psychanalyse ?
Conserver toujours brûlantes les origines ? Chercher sa propre pérennité ? Ou créer le sillon de l’œuvre de Freud pour l’avenir ... ?
