En ce début d’année on aimerait formuler des vœux pour un monde plus apaisé, moins vengeur et moins en proie à la destructivité. On aimerait que le travail de culture soit le plus fort. On en doute parfois.
Il y a près d’un siècle (1929), dans Le malaise dans la culture, Freud disait que le penchant à l’agression était une « prédisposition pulsionnelle originelle et autonome » face auquel le travail de culture était vital. Dans ce texte aux accents pessimistes, il se demandait si la civilisation éviterait de s’autodétruire.
Inlassablement il nous faut remettre sur le métier le travail de culture. Essayer de penser un monde qui s’abîme, des pouvoirs qui ignorent le droit. Des fonctionnements qui ne croient qu’à la raison du plus fort.
Est-ce un signe ? Les attaques contre la psychanalyse, insidieuses ou frontales, sont redondantes et viennent dire quelque-chose de la haine du travail de culture. Le monde digital impose sa vision binaire, réductrice, facilitatrice, pseudo-logique. Il s’impose pour éviter la pensée complexe et soumettre l’humain à une pensée uniformisante. Tous ces signes qui vont dans le sens d’une désubjectivation, accréditent l’idée d’un homme manipulable.
Ces signaux « faibles » qui le sont de moins en moins, nous alertent et renforcent notre détermination pour un « travail de culture » riche et fécond, qui oppose sa force créatrice aux forces destructrices.
La psychanalyse a besoin d’institutions solides qui la représentent, qui veillent à la formation des analystes et sont les garantes du sérieux d’une pratique. En 2025 nous avons fêté les 20 ans de notre société, façon d’affirmer notre force et notre vitalité. En 2026, la SPP fêtera ses 100 ans. C’est ce travail long, exigeant, toujours inachevé, qui toujours se poursuit.
Et on peut se souvenir de ces vers de Boileau (1674) :
« Hâtez-vous lentement ; et sans perdre courage
Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage »
pour continuer de travailler longtemps sans jamais sombrer dans le dogmatisme ou l’obscurantisme et poursuivre et défendre une réflexion riche et vive sur les complexités de l’humain et de sa vie psychique.
